Albert Fert prix Nobel de Physique, salue la recherche française



PARIS (Reuters) - Premier prix Nobel de Physique depuis dix ans, le chercheur français Albert Fert, professeur à l’université de Paris-sud et père d’une technologie émergente baptisée “spintronique”, a estimé que sa distinction montrait la vitalité de la recherche française.

“Ça montre que la recherche française est de qualité, non seulement la recherche fondamentale, mais la recherche qui peut avoir des applications. C’est important pour l’économie du pays de pousser la recherche”, a-t-il dit à Reuters.

Happé par les journalistes dès l’annonce de la nouvelle, près du CNRS dans le XVIe arrondissement de Paris, le chercheur, qui partage son prix avec l’Allemand Peter Grünberg, a exprimé sa surprise.

“Je savais que j’étais parmi les candidats possibles, mais il y a tellement de bons chercheurs, “, a-t-il expliqué.

Entre deux entretiens avec des journalistes, le chercheur, encadré rudement par les dirigeants du CNRS, a pris le temps d’engager sur un trottoir du XVIe arrondissement un dialogue impromptu et souriant avec des adolescents qui lui demandaient ce qui lui valait sa célébrité.

“Vous aimez la physique ?”, leur a-t-il lancé, avant de leur annoncer qu’il venait d’obtenir le prix Nobel et de leur expliquer les implications de ses travaux dans leur vie quotidienne : “si vous pouvez écouter de la musique sur votre lecteur MP3, c’est un peu grâce à ce que j’ai fait”.

Né le 7 mars 1938, Albert Fert, 69 ans, directeur scientifique à l’Unité mixte de physique CNRS/Thales, avait déjà reçu la médaille d’or 2003 du CNRS et le “Japan Prize” de cette année, un prix de la Fondation japonaise des sciences et de la technologie.

Ses travaux de physique fondamentale ont permis l’élaboration de têtes de lecture magnétique très performantes, utilisées depuis 1997 dans tous les disques durs d’ordinateurs, multipliant par cent la capacité de stockage d’informations.

“MAGNETORESISTANCE GEANTE”

Il a découvert la “magnétorésistance géante” en 1988 dans le cadre d’une collaboration associant son équipe du CNRS/Université Paris-Sud 11 et Thales (à l’époque Thomson-CSF), explique le CNRS.

L’une des applications les plus citées est effectivement le lecteur MP3, dont la miniaturisation a été rendue possible par les travaux d’Albert Fert. Les travaux ont par ailleurs permis l’ouverture d’un nouveau champ de recherche sur un nouveau type d’électronique, baptisée “spintronique”.

Son prix intervient alors que la France dit craindre une “fuite des cerveaux”, en raison des crédits publics jugés insuffisants qui seraient accordés à la recherche et aux jeunes chercheurs. Un collectif baptisé “Sauvons la recherche” a été créé sous le précédent gouvernement.

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