Gare du Nord: Sarkozy n’est “pas du côté des victimes” mais “des responsables”, accuse Hollande
LIMOGES (AP) - Dans les incidents de la gare du Nord à Paris, Nicolas Sarkozy n’est pas “du côté des victimes” mais “du côté des responsables”, a tonné jeudi soir le Premier secrétaire du PS François Hollande, mettant l’ancien ministre de l’Intérieur en garde contre la tentation d’”utiliser son échec -car échec il y a- pour justifier encore sa politique”.
“Nicolas Sarkozy a dit qu’il se situait du côté des victimes. Non, il est du côté des responsables” car “c’est lui qui a été ministre de l’Intérieur depuis 2002″, a accusé le patron du PS lors de son premier meeting en duo avec Ségolène Royal, au Zénith de Limoges (Haute-Vienne), devant près de 5.000 personnes. Ce qui s’est passé gare du Nord “est une blessure, et c’est lui qui en porte la responsabilité et il ne faudrait pas aujourd’hui qu’il utilise son échec -car échec il y a- pour justifier encore sa politique”. “Il faut le démasquer: il porte la responsabilité de l’échec”.
“Imaginez que nous soyons en 2002 dans l’élection présidentielle et que se passe ce qui s’est passé à la gare du Nord. Mais vous verriez la droite nous faire procès!”, s’est-il indigné. “Elle a fait la campagne de 2002 sur la question de la sécurité, au risque -ce qui s’est produit- de favoriser l’extrême droite”.
Face à cela, “nous ne manipulerons en aucune manière les chiffres ou les situations. Nous n’instrumentaliserons aucun fait divers. Nous n’utiliserons pas le discours de la démagogie, de la peur, de la récupération”, a promis François Hollande. “Nous ne laisserons pas se dévoyer le débat public, mais nous ne nous laisserons pas non plus insulter!”, a-t-il prévenu.
“Nous, nous ne distinguons pas les Français selon leur bulletin de vote, pas davantage selon leur couleur de peau, leur origine”, a-t-il dénoncé, accusant Nicolas Sarkozy de monter les Français les uns contre les autres. “Il n’y a pas les bons d’un coté, les mauvais de l’autre”, “il y a simplement des citoyens de la République qui demandent à être respectés”.
Le candidat UMP est “le candidat sortant, le candidat du bilan, le candidat de la droite dure”, a-t-il tancé. “Quand on cite Jaurès, quand on cite Zola et Blum, il est interdit après de courir derrière Jean-Marie Le Pen”.
Dans un registre plus léger, le Premier secrétaire du PS a moqué la “liberté” retrouvée de Nicolas Sarkozy, quatre jours après son départ de la place Beauvau. “Il a retrouvé sa liberté, rendez-vous compte de ce courage qui est le sien de quitter enfin le ministère de l’Intérieur!”, a-t-il moqué. “Il a pris le train! Pas à la gare du Nord, mais il a pris le train!”, a-t-il ironisé. “Il a même, nous dit-on, il y a quelques jours, dormi à l’hôtel. Quelle témérité!”
Cédant la place à Ségolène Royal, François Hollande a alors quitté la scène. Non sans poser quelques minutes devant les photographes avec sa compagne, qu’il a tendrement embrassée sur la joue. AP
Source: fr.news.yahoo.com
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