Incendie d’un bus à Marseille, la violence urbaine en jugement



MARSEILLE (Reuters) - La victime du bus incendié en octobre 2006 à Marseille, Mama Galledou, ne devrait pas assister au procès de certains de ses agresseurs qui s’ouvre ce mardi devant le tribunal pour enfants de la ville.

“Jusqu’à la dernière minute, je me donne le droit de changer d’avis”, déclare-t-elle avant l’ouverture du procès, emblématique des violences urbaines qui affectent périodiquement les banlieues des grandes villes françaises.

Brûlée sur 62% de la surface du corps, la jeune femme a subi huit greffes et poursuit son calvaire entre le domicile familial et l’hôpital Léon-Bérard de Hyères, dans le Var, où elle reste soignée.

“J’essaie de penser à l’étape suivante mais pour l’avenir, je ne vois rien. Je ne veux pas sortir d’ici car on vous regarde bizarrement quand vous n’êtes pas normale”, avait-elle confié aux juges d’instruction Pascale Liégeois et Laetitia Ugolini venues l’entendre au mois de mars sur son lieu de souffrances.

A ses agresseurs, dont les deux plus jeunes comparaissent mardi devant le tribunal pour enfants, elle ne trouve “aucune excuse” et doute de pouvoir comprendre un jour la motivation de leur geste.

Les adolescents, dont le plus jeune venait de fêter ses quinze ans peu avant l’incendie, ont été qualifiés “d’intelligence normale” par les experts. Tous deux ont reconnu les faits mais se sont montrés incapables d’analyser les motivations profondes de leur passage à l’acte.

L’incendie du bus 32, le 28 octobre 2006 dans les quartiers nord de Marseille, a pourtant été mûrement réfléchi par les huit incendiaires, tous mineurs au moment des faits.

“Il apparaît que ce projet de brûler un bus avait été décidé préalablement et de façon concerté par un groupe de jeunes garçons dont les rôles ont été répartis à l’avance”, notent sans ambiguïté les magistrats dans leur ordonnance de mise en accusation.

“Ceux qui ont fomenté ce projet ont eu pour seule motivation de faire parler de leur cité, de faire comme à Paris et, surtout, que leur acte soit commenté à la télévision comme certains événements survenus en banlieue parisienne”, précisent-ils.

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