Le gouvernement a dévoilé son budget 2008 sans pouvoir faire mieux que stabiliser les déficits
PARIS (AFP) - Le gouvernement a dévoilé mercredi son budget 2008, le premier du quinquennat, sans pouvoir faire mieux que de stabiliser les déficits en raison du coûteux paquet fiscal voulu par le président Nicolas Sarkozy.
Ce premier budget du quinquennat ne déchaîne pas jeudi l’enthousiasme des commentateurs de la presse française, qui y voient un budget de “transition” loin de la “rupture” annoncée.
Le budget est “basé sur la valorisation du travail, pour créer de la richesse et de l’activité”, a affirmé le chef de l’Etat en conseil des ministres.
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a aussitôt dénoncé un projet “incohérent, insincère et inconséquent”, qui annonce selon lui “la prochaine promotion de l’austérité”. Les alliés centristes de M. Sarkozy ont jugé que le budget 2008 n’était “pas raisonnable” car trop timoré dans la réduction des déficits publics.
Le projet de loi de finances (PLF) 2008 prévoit un déficit de l’Etat de 41,7 milliards d’euros, en très légère amélioration seulement par rapport à celui programmé en 2007 (41,996 milliards). “On est en légère réduction, ça veut dire qu’on n’est pas loin de la stabilité”, a déclaré le ministre du Budget, Eric Woerth. “Un budget sous contrainte” mais pas “d’austérité”, a renchéri Eric Besson, le secrétaire d’Etat à la Prospective.
Quant à la dette, l’objectif du gouvernement est de la ramener à 64% du PIB en 2008, après 64,2% prévu en 2007. Cela passera notamment par des cessions de participations de l’Etat prévues à 5 milliards d’euros en 2008.
Le déficit public (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales), qui constitue lui aussi l’une des principales références de l’Union européenne pour évaluer la gestion des Etats membres, est fixé à 2,3% du PIB en 2008 après 2,4% prévu en 2007.
Selon M. Woerth, le surcroît de recettes fiscales attendues l’an prochain, environ 18 milliards d’euros, sera “investi massivement dans la baisse des prélèvements”, à hauteur des deux tiers, afin de baisser de 0,3 point le taux de prélèvements obligatoires, à 43,7% du PIB.
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