Les syndicats d’Airbus inquiets après le rapport AMF sur EADS



TOULOUSE (Reuters) - Les principaux syndicats d’Airbus France se disent préoccupés, voire “écoeurés” pour certains, après la révélation par la presse d’un rapport de l’Autorité des marchés financiers (AMF) soupçonnant de délits d’initié les dirigeants et actionnaires du constructeur aéronautique et de sa maison mère EADS.
L’AMF a transmis au parquet de Paris un rapport préliminaire qui, selon le quotidien Le Figaro, met en cause les actionnaires et les dirigeants d’EADS, soupçonnés de délits d’initié avant l’annonce officielle en juin 2006 de nouveaux retards de l’Airbus A380, qui ont fait chuter le cours d’EADS.

“Nous sommes évidemment écoeurés, même si nous étions au courant de cette affaire depuis longtemps. Il était évident, c’est la logique industrielle, que la hiérarchie d’EADS ne pouvait qu’être au courant des retards de cet avion”, a déclaré Gérard Boulicault, délégué CGT au comité européen d’Airbus.

“Cette action délictueuse de prise de bénéfices ne peut que faire penser à ceux qui quittent un navire qui sombre”, a ajouté le délégué CGT. “En vendant leurs actions, ces dirigeants ont marqué leur défiance en leur propre entreprise, tout en restant salariés. C’est malsain.”

“Nous avions peur que ce rapport soit étouffé et nous pensons que la justice doit absolument passer pour montrer l’exemple. C’est plus que nécessaire”, a déclaré de son côté Marina Lensky, déléguée CFTC au comité européen d’Airbus.

“Mais nous sommes partagés”, a-t-elle ajouté. “Les salariés ont totalement perdu confiance en leurs dirigeants et nous avons besoin aujourd’hui de stabilité de management. Nous craignons une nouvelle déstabilisation de l’entreprise qui fera du tort à tout le monde, une nouvelle fois.”

Pour Françoise Vallin, déléguée centrale CFE-CGC, “cette annonce va faire beaucoup de mal aux salariés”.

“Nous n’avons pas besoin de cette affaire au moment même ou, en plein plan social, nous avions quand même décidé de faire la fête avec le lancement prochain du A380. Cela va de nouveau ternir l’entreprise”, a-t-elle dit, jugeant urgent de réformer la législation sur les stock-options, comme Nicolas Sarkozy l’a promis durant sa campagne électorale.

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