“Miss Potter”, une Bridget Jones victorienne



PARIS (AP) - Beatrix Potter a fait vivre Pierre Lapin, Sophie Canétang et Tom Chaton dans l’imagination de millions d’enfants. Ses contes illustrés sont célèbres mais sa personnalité demeure peu connue. Dans “Miss Potter” (mercredi 28 mars sur les écrans), Renée Zellweger campe cette artiste qui a su composer avec les carcans de la société victorienne et conquérir un peu d’indépendance grâce au succès de ses histoires. Le tout sur fond de campagne anglaise filmée par Chris Noonan, le très champêtre réalisateur australien de “Babe, le cochon devenu berger”.

Traduits en 35 langues, les livres de Beatrix Potter (1866-1943) se sont vendus à plus de 150 millions d’exemplaires à travers le monde (un million en France). Comme si la notoriété de son lapin à veste bleue ne suffisait pas, Miss Potter a également donné son nom à un autre monument de la littérature jeunesse. La romancière JK Rowling avoue en effet avoir baptisé son héros de Harry, l’apprenti sorcier à lunettes, en hommage à cette conteuse et dessinatrice.

Pour la biographie -enjolivée- de Beatrix Potter, l’actrice texane Renée Zellweger reprend l’accent british qu’elle avait peaufiné pour “Le Journal de Bridget Jones”. Après ce rôle de trentenaire boulotte se débattant dans les affres du célibat contemporain, changement d’époque et de costume. Droite dans son corset, Miss Potter n’entend pas prendre époux au seul prétexte qu’elle approche de l’âge de péremption. Encore moins dans l’unique but de s’attacher quelqu’un qui fasse bouillir la marmite. Il faut dire que l’horrible brochette de prétendants que ses parents lui présentent éteindrait le plus tenace appétit de vie conjugale.

Au risque de finir vieille fille, Beatrix choisit donc la compagnie de ses amis de toujours: crapaud (à défaut de prince), oie, souris, écureuil, lapin. Ces animaux, qu’elle observe et dessine depuis toute petite, prennent littéralement vie sous son pinceau. De ces turbulents personnages, elle tire un livre pour enfants.

Un beau jour, une maison d’édition accepte de publier son “bunny book”. C’est là que Beatrix fait la connaissance de Norman Warne, un éditeur moustachu d’une touchante maladresse. Il a les traits d’Ewan McGregor, qui avait déjà donné la réplique à Renée Zellweger dans “Bye Bye Love”. L’acteur écossais joue un amoureux patient et pataud, bien loin de son fougueux personnage de Christian dans “Moulin Rouge”.

L’éditeur attentif ne cesse d’encourager son auteure à inventer de nouveaux contes et, au fil des ans, une complicité se noue. Beatrix et Norman s’éprennent l’un de l’autre. Mais les parents de la jeune femme voient d’un mauvais oeil une union avec un “commerçant”. L’artiste accepte alors de s’exiler temporairement dans la très belle Région des Lacs, dans le nord de l’Angleterre, dont elle tombe également amoureuse. Beatrix Potter y deviendra une écologiste avant l’heure.

Cette biographie teintée de fantaisie séduira peut-être les inconditionnels des comédies romantiques. Mais elle risque de décevoir les féministes: pas assez revendicative. En outre, Renée Zellweger surjoue. Elle multiplie les grimaces chaque fois que son personnage se permet une audace. Et ce sont de bien sages audaces, pour un regard actuel.

Restent tout de même l’interprétation impeccable d’Emily Watson, dans le rôle de la soeur de Norman et amie de Beatrix, et le charme discret de la campagne anglaise qui est, lui, intemporel. AP

Tout l’article Yahoo

Source: fr.news.yahoo.com

Aucuns commentaires

No comments yet.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Leave a comment