Mobilisation contre l’amendement sur les SDF sans papiers
PARIS (Reuters) - Plusieurs associations caritatives et humanitaires appellent les sénateurs à rejeter un amendement du projet de loi sur l’immigration conditionnant l’accueil des SDF en centres d’urgence à la régularité de leur séjour en France.
Comme l’article prévoyant des tests ADN pour le regroupement familial, au centre d’un bras de fer entre l’opposition et la majorité, l’amendement a été ajouté par le député UMP Thierry Mariani au texte défendu par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale dont les sénateurs ont entamé l’examen en séance publique en séance publique mardi après-midi.
Médecins du Monde, la Fondation Abbé Pierre, la Cimade et Emmaüs espèrent des sénateurs la même mobilisation que celle qui les a conduits à retoquer - par deux fois en commission des lois - l’amendement ADN.
“Cet article équivaut à une ‘triple peine’ - sans papier ni toit ni possibilité d’aide - dont les conséquences sanitaires seront désastreuses: il ne peut y avoir de santé sans toit”, souligne MDM dans un communiqué que l’ONG a déposé solennellement devant la chambre haute mardi matin.
“Sur le terrain, les associations ont pour vocation d’accueillir les plus vulnérables et non à contribuer à l’application de mesures de régulation de l’immigration”, poursuit le texte.
Avec un tel amendement, “on fait de l’exclusion dans l’exclusion”, a déclaré à Reuters Jean-Baptiste Legrand, de l’association des Enfants de don Quichotte, qui lutte pour une meilleure prise en charge des SDF.
“On oublie une fois de plus qu’on parle d’être humains sans papier mais pas sans dignité”, a-t-il ajouté, pointant ce qu’il considère comme des “pièges” dans la communication gouvernementale.
En multipliant les prises de position sur l’amendement ADN, la droite “a éclipsé le débat sur une autre proposition scandaleuse”, a-t-il expliqué.
Si l’amendement du député du Vaucluse était finalement retenu “ce sont toutes nos traditions républicaines d’accueil et de respect de la personne humaine qui seraient remises en cause”, estime la Fondation Abbé Pierre.
“L’accueil inconditionnel implique que soient reçues les personnes sans aucun préalable lié à leur condition, leur origine ou au regard de leur situation administrative”, ajoute l’association dans un communiqué.
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