Mondial: la France tente d’évacuer l’enjeu de la demi-finale
PARIS (Reuters) - A l’image de Fabien Pelous, le XV de France s’apprête à défier l’Angleterre samedi en tentant d’ignorer l’enjeu de cette demi-finale de Coupe du monde de rugby.
Habitué de ces chocs entre voisins européens, Fabien Pelous, 33 ans, se prépare dans l’optique “de jouer un match France contre Angleterre plutôt qu’une demi-finale de la Coupe du monde”.
“Une nouvelle fois, comme la majorité des autres fois, je pars surtout pour leur disputer le ‘leadership’ de l’Europe”, explique le deuxième ligne.
Serge Betsen, 33 ans, se voit “plus jouer un match contre les champions du monde qu’une demi-finale”.
“Quelque part, occulter le fait de jouer une demi-finale permet de ne pas se mettre trop de pression donc de perdre inutilement de l’énergie. En se focalisant sur le terrain, on préserve cette énergie pour aller vers l’essentiel”, ajoute le troisième ligne.
Vincent Clerc, 26 ans, suit cet avis avec humour.
“Personnellement, je n’ai pas l’impression de jouer une demi-finale de Coupe du monde… certainement parce que je n’en ai jamais joué!”, plaisante-t-il.
LA PRESSION VIENDRA “PETIT À PETIT”
“Demain soir, je partirai pour jouer un match à énorme enjeu. Si on le gagne, il aura une saveur en plus. Mais pour l’instant, je refuse de me mettre une pression démesurée sur les épaules”, insiste le Toulousain, qui se refuse aussi à imaginer “la difficulté de perdre une demi-finale”.
Comme Fabien Pelous et Serge Betsen, Jérôme Thion, 29 ans, était dans le coup de la demi-finale perdue contre les Anglais lors de la Coupe du monde 2003, à Sydney, sous une pluie battante.
Aujourd’hui, “après avoir définitivement évacué ce match lundi soir en en rediscutant avec les gars qui y étaient”, le deuxième ligne biarrot aborde sereinement sa demi-finale.
“Moi, je pense plutôt à nos huit mecs qui ne vont pas jouer plutôt qu’à me prendre la tête avec ce match. Penser à eux va sainement me motiver. Ensuite, les choses viendront en temps et en heure, la pression s’installera samedi petit à petit”, assure-t-il.
A la veille de cette demi-finale, Jean-Baptiste Elissalde, 29 ans, ne s’emballe pas non plus et apprécie d’”être protégé sous notre bulle, un peu déconnectés de la ferveur qui monte, donc encore un peu loin de l’enjeu”.
De même, Olivier Milloud et Damien Traille, sur le banc en 2003, voient plutôt en ce match “l’occasion de monter encore en puissance, l’opportunité de franchir un palier”.
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